Dictionnaire des nouveaux mots désuets

Philaphrie, n.f.

Philaphrie, n.f., du grec φιλεῖν, aimer et ἄφρων, insensé. Activité de l’esprit s’appliquant à chercher aux croyances à la mode une justification pseudo-scientifique fondée sur la facilité et dédaigneuse de la doctrine de l’être ou de l’essence des choses. La philaphrie consiste en l’élaboration d’un corpus d’idées simplistes destinées à simplifier la réalité et à rendre les foules manipulables et promptes à consommer.

  • La concupiscience constitue l’une des branches de la philaphie, suprême superstition de la Vulguère.
  • Les mutins de Panurge (Cf. Philippe Muray) de 1968 et leurs inconsistants successeurs des contestations étudiantes qui suivirent, soucieuses de se donner un vernis intellectuel, ont rejeté l’amour de la sagesse pour les affres de la philaphrie la plus décomplexée.
  • La philaphrie est l’occupation d’une philosophaille désœuvrée suivant les traces des Voltaire, Sartre, Bourdieu et autres Lévy.
  • La philaphrie accouche de l’idée chère aux masses de néaniais peu soucieux de réfléchir et d’être contraints par quelque règle que ce soit que « casser les codes » constitue une fin en soi.

Futilitarisme, n.m.

Futilitarisme, n.m., doctrine sociale qui prescrit d’agir ou de ne pas agir de manière à maximiser la vanité dans le corps social, à faire en sorte que nul ne s’occupe de choses sérieuses et se laisse aller aux seules affaires de peu de conséquence. Cette philaphrie est dominante dans la vulguère.

  • Le futilitarisme n’est autre que la manifestation de l’intégrisme de la médiocrité. Abbé Jean Herbottin, Maximes, aphorismes et sentences, vol. LXI.
  • Le futilitarisme, voilà l’ennemi ! Ibid. vol. CXCIII.
  • Par la grâce de cinquante ans de futilitarisme, les hommes politiques, c’est un peu benêt blanc et blanc benêt. Gontran Calembourg du Fonduruisseau.
  • Le futilitarisme consiste en la recherche du plaisir pour lui-même, trouvant dans l’abscompassion une caution morale à la hauteur de son hébétude.
  • Depuis le funeste mois de mai de 1968, le futilitarisme a pris soin d’annihiler en Occident tout velléité d’excellence morale, intellectuelle et culturelle, poussant chacun sur la dangereuse pente de l’hédonisme et de la facilité.

En dérive le substantif futilitariste, qui s’emploie tant au masculin qu’au féminin. Personne faisant l’apologie d’affaires

  • Le futilitariste voit la quête du sens de la vie comme une injustice et presse le monde à s’activer à ne rien faire.
  • Les futilitaristes se plaisent à exlégionner leurs adversaires en apposant au-dessus de leur pilori le motif de leur condamnation: Réactionnaire.

Coptoir, v.

Coptoir, v., du grec κόπτω, se frapper la poitrine, pleurer. S’affliger de la médiocrité sociale ambiante alimentée par un perpétuel régrès.

  • Les manifestations des étudiants préférant l’égalité dans le chômage au travail sont de nature à faire coptoir tout homme de bien.
  • Dès que paraissent les beaux jours, il semble que si les néaniais pouvaient s’ébrouer totalement nus par les rues et les places, ils le feraient. Je coptois certes, mais je profite de ce temps où tout de même, le régrès n’est pas encore arrivé à ce suprême stade de l’exhibonderie. Henri-Jean Bott, choses vues que j’aurais préféré ne point voir.
  • « Toi qui entres ici, prépare-toi à coptoir ». Écrite en lettres de feu, cette devise prévient à ceux qui pénètrent en Occident des peines et douleurs provoquées par l’égonomie de la Vulguère.

Fuérat, n.m.

Fuérat, n.m. du plus-que-parfait du verbe être en latin à la troisième personne du singulier, fuerat. Littéralement, il avait été. Terme péjoratif qualifiant une personne ou un objet passé de mode ou ringard. Utilisé principalement pour désigner des individus jadis célèbres ayant déchu ou d’idoles ayant été renversées et par conséquent tombées dans l’oubli, il a pour expression voisine « ancienne gloire ».

Au féminin, il se dit Fuératte.

  • La différence entre un individu désuet et un fuérat est que le premier n’a jamais prétendu être à la mode.
  • S’appliquant souvent aux anciennes gloires de la télévision ou de la chanson heureusement tombées dans l’oubli, le terme « fuérat » sonne un peu comme une « damnatio memoriae » – Urbain Thane, un Américain chez les Francs.
  • Bien des néaniais rêvent de devenir célèbres. Après un succès éphémère, ils se transforment en exemple vivant du fuérat.

Œcommunisme, n.m.

Œcommunisme, n.m: mouvement interne à l’Église catholique qui consiste en le dialogue avec les chrétiens de gauche et autres libéraux, en dépit de leur rejet de la doctrine traditionnelle et leur croyance que l’Église est une société d’opinion. L’œcommunisme a pour fin de maintenir une paix illusoire qui débouche inévitablement sur le chaos.

  • Vous avez eu à choisir entre la confusion et l’œcommunisme. Vous avez choisi l’œcommunisme, vous aurez la confusion.
  • Chez nombre de personnes pour qui la tranquillité vaut mieux de la vérité, l’œcommunisme est un bon moyen d’oublier que le Christ, en plus d’être tout amour, est également signe de contradiction.
  • « L’œcommunisme consiste à relativiser la vérité révélée en fonction des injonctions du temps, au nom de « l’esprit du Concile » qui plane au dessus de certains milieux ecclésiaux. N’oublions cependant pas que cet esprit n’est autre que celui du monde ». Abbé Jean Herbottin, Adversus Haereses.
  • Œcommunisme et concupiscience sont les deux mamelles du modernisme.

Porcogénèse, n.f.

Porcogénèse, n.f. du latin Porcus, porc et de generare ou de gigno, genitum, engendrer. Ensemble des facteurs politiques, sociaux, culturels, économiques et moraux de la Vulguère qui favorisent l’éclosion de porcs ou de truies ne voyant dans autrui qu’un objet uniquement propre à étancher une pulsion sexuelle. Elle consiste en l’omniprésence d’images, d’œuvres cinématographiques, de chansons au caractère fort suggestif, en la ringardisation des vertus au nom de l’hédonisme consumériste et au comportement bestial justifié par une compréhension erronée de la liberté.

  • N.B. Un porc ou une truie est un individu gastérodule ayant pour horizon principal le sexe, et en bon consumériste, voyant dans autrui un bon moyen d’étancher une pulsion que la volonté ne pense pas opportun de réfréner. Le problème réside par conséquent dans l’absence de la vertu de pureté chez l’individu.
  • N.B. 2: Un jeune homme qui siffle après une jeune fille, une tentative de séduction ou un regard ne relèvent pas vraiment de la porcogénèse. La vulgarité voire l’absence de vêtement, la grivoiserie des propos, l’éveil à la sexualité dès l’âge le plus tendre, la publicité ou le cinéma contemporain en revanche font partie des agents actifs de dépravation morale qui créent toutes les conditions pour qu’un individu se laisse aller au vice et devienne un porc ou une truie.
  • N.B. 3 : La porcogénèse atteint tout autant les hommes que les femmes. Bien qu’étant un phénomène vieux comme le monde, la Vulguère qui pourtant prétend le combattre depuis la découverte à grande échelle de scandales sexuels a tout fait depuis 1968 pour l’institutionnaliser.
  • Il est curieux de blâmer le porc sans s’en prendre à la porcogénèse.
  • La pornographie, la grivoiserie, le culte matérialiste du corps et l’exhibonderie ambiante constituent, à égalité avec l’ontologie de la fesse et le consumérisme sexuel, les colonnes de la sacro-sainte porcogénèse.
  • En dépit des déclarations des féministes spiritomaques, il existe autant de truies que de porcs. La porcogénèse ne saurait engendrer à la lubricité les seuls hommes.
  • Ces atroces vêtements serrés et/ou courts que ponérosent porter tant les femmes que les hommes sont un appel du pied aux porcs et aux truies en plus d’ajouter un élément à l’universelle porcogénèse.
  • Pudeur et pureté du regard et du cœur sont les armes les plus efficaces contre la porcogénèse. Le gouvernement choisit pourtant de se contenter d’hantériner en aval du problème.
  • La concupiscience de certains constitue une légitimation de la porcogénèse.

En dérive le nom Porcogénète: personne vivant dans un environnement dominé par la porcogénèse et s’étant de ce fait transformé en porc ou en truie. Il peut également être employé comme adjectif.

  • La porcogénèse est certes une grande mise en danger pour l’âme, mais il ne faut cependant pas oublier qu’on ne devient Porcogénète que par l’assentiment de la volonté auxdites sollicitations: quelqu’un ne devient porc ou truie que parce qu’il ou elle l’a bien voulu…
  • A partir de 1968, les porcogénètes, qui depuis le maladi où fut commis le péché originel sont légion, virent la société applaudir leurs ébats et s’assurer de la pérennité de leurs vices. C’est ce qu’on appelle la « libération sexuelle » chez les uns, porcogénèse à l’Académie.
  • L’empire romain s’effondra en raison de ses empereurs décadents et porcogénètes. Cette loi est dite loi de la cerise: à l’instar de ce fruit printanier, les civilisations tombent par la queue. 

En dérive le verbe Porcogénérer: mettre en place les conditions nécessaires aux progrès du vice dans l’âme d’un individu. 

  • Brandon, en témoignent ses propos vulgaires, son accoutrement et sa conviction qu’on n’est point homme sans se comporter comme un porc érotomane, fut porcogénéré par la pornographie diffusée dans les séries grand public diffusées aux heures de grande écoute.

En dérive le nom Porcogéniteur, personne ou institutions qui pour des motifs idéologiques ou économiques fait la promotion de la porcogénèse.

  • Le producteur de cinéma prostituant des acteurs pour qu’ils dévoilent devant sa caméra les parties les plus intimes de leur anatomie, à condition, bien-sûr, qu’icelle soit fort avantageuse, est un porcogéniteur qui par cette maïeutique affligeante, crée un terrain favorable à la bestialité.
  • Les porcogéniteurs ont trouvé dans l’interéticule une arme de corruption massive des mœurs.
  • Monsieur Pierrevin, de porcogénète se fit porcogéniteur.
  • Les néaniais sont pour les porcogéniteurs des proies faciles.

En dérive le nom féminin Porcogéniture: Se dit des individus victimes de la porcogénèse et étant devenus porcs ou truies.

  • Par ses programmes toujours plus innovants, l’éducation nationale, en initiant les jeunes Français dès leur plus tendre enfance en a fait sa porcogéniture.
  • La société contemporaine ogranise sans vergogne et fait des survivants une porcogéniture.
  • La vulguère regarde à présent avec suspicion sa porcogéniture en rut, découvrant avec effroi qu’après avoir éduqué au vice sa jeunesse, elle a provoqué elle-même ces scandales. 

Maladi, n.m.

Maladi, n.m. du latin malum, étrangement employé ici au féminin, et dies: mauvaise journée, jour peu propice aux élans de joie ou aux effusions d’allégresse.

  • Certes, tout s’est mal passé aujourd’hui, mais n’allons pas en faire un maladi.
  • Un sourire malfaisant aux lèvres, un passant en congés s’écria « Bon maladi » aux malheureux reprenant le travail le lundi matin après leur transhebdomadée.
  • Pourquoi Henri-Charles a-t-il une mine si sombre, des traits si défaits ? – Il subit un terrible maladi qui le fait grandement souffrir.
  • Un bon verre de vin est le meilleur remède contre les maladis.
  • Une journée cloué au lit par une maladie constitue un en général un cas assez exemplaire de maladi.
  • Je digère fort mal car j’ai mangé deux plaquettes de beurre doux : c’est un maladi gras.

N.B : L’Académie signale l’usage local plus convenable étymologiquement: Maudi

  • « Un Maudi au soleil » – Chanson populaire en vogue dans les années 1970.
  • Comment vas-tu aujourd’hui ? – Comme un maudi.

En dérive le verbe Maladire: endurer un maladi

  • Nous maladisons régulièremenent les lundis: jour de colère que ce jour-là.

N.B: Dans les régions où il est d’usage d’employer maudi, le verbe maladire sera orthographié maudire.

  • Job maudit le maudi de sa naissance car il maudissait en raison de ce si brutal revers de fortune.

En dérive le nom masculin maladit: personne qui endure un maladi.

  • Les membres du parti progressiste, après un énième revers électoral militèrent pour l’octroi d’un congé pour les maladits.
  • Pauvres maladits, soupira un insupportable joyeux-drille qui, en dépit de la dureté des temps et la vacuité intellectuelle et morale de ses semblables, persistait à faire étalage excessif de son bonheur.

Macronnerie, n.f.

Macronnerie, n.f., étymologie inconnue. Secte politico-médiatique constituée d’arrivistes transfuges, de laquais parvenus et de courtisans ambitieux arrivés aux affaires par la grâce d’une investiture péripatéticienne. Ses membres, les Franc-Macrons, constituent le socle du pouvoir illimité du Marchonte Jupitérien.

  • La macronnerie compte avant tout sur la docilité des plumitifs pour se maintenir au pouvoir.
  • Par une extraordinaire hypnose grégalienne, le Marchonte parvint à mettre en place l’hégémonie de la macronnerie, grâce au comportement péripathétique de quelques poids-lourds des partis traditionnels qui déjà depuis quelques années morizaient dangereusement.
  • En dépit des espérances alimentées par une presse servile, il semble que l’arrivée de la macronnerie au pouvoir ne réduira guère la pratique du latrône. Sans doute se contentera-t-elle d’hantériner quelques mesurettes justifiées par d’interminables flativoques.

Phobophilie, n.f

Phobophilie, n.f. du grec phobos, crainte et philia, amitié. Passion de l’âme particulièrement violente chez l’indigné professionnel qui consiste à excommunier ses opposants par l’apposition du suffixe « -phobe » à un quelconque concept messéant que des groupes d’activistes entendent rendre intangible, ceci à l’encontre de la réalité naturelle ou des pratiques sociales les plus élémentaires. Elle procède du rhétorrisme ordinaire de la Vulguère.

N.B: La phobophilie peut être considérée comme une pathologie mentale dégénérative.

  • La phobophilie consiste en la canonisation d’une transgression de la loi naturelle sous couvert d’ouverture d’esprit. Elle a pour effet principal la confiscation des libertés de parole et d’opinion sous couvert d’égalité.
  • Le néaniais utilise l’arme de la Phobophilie en se croyant rebelle. Le malheureux ignore cependant qu’il n’agit que mû par le conformisme.
  • Les pouvoirs grégaliens sont parmi les vecteurs les plus efficaces de la phobophilie, fournissant à un public aphrone l’indignation comme argument d’autorité.
  • La phobophilie a en général un excellent pouvoir émétique sur les hommes sensés.
  • Suis moins ta phobophilie, règle mieux tes désirs. Corneille.
  • L’interéticule regorge de ces pages où des auteurs aphrones se croient humanistes en vomissant à leur lectorat des élucubrations nompareilles procédant de leur phobophilie.

En dérive le nom masculin Phobophile : Personne voyant dans l’apposition du terme « -phobie » à un concept lui tenant à cœur un argument d’autorité posant le point final à toute discussion.

  • Les phobophiles de la Rue Saint Guillaume ont proclamé ex cathedra le dogme de l’intangibilité de la théorie du genre.
  • Il est assez affligeant de voir nombre de membres du clergé se muer en phobophiles et bénir par un conformisme évangélisatroce la prétendue tolérance qui aliène davantage qu’elle ne libère. Iceux ne voient par ailleurs pas d’inconvénient à pointer d’un index insolent la rigidité de leurs adversaires. Mgr Banjo XIII.
  • Si nous considérons les sages paroles du saint docteur François de Sales, selon qui « nos paroles sont les vrays indices des qualités de nos âmes », je crains fort que ces phobophiles ne sont bons à fournir à la société que la preuve de leur bassesse. Abbé Jean Herbottin.

En dérive l’adjectif Phobophile : se dit d’une personne ou d’une action faisant de l’indignation un argument d’autorité intangible.

  • Les tenants du mariage ganymède, à défaut d’arguments fondés sur la loi de nature et sur la raison qui en découle, lancèrent une campagne phobophile afin de discréditer leurs adversaires.
  • Le Frère Palme, par des arguments d’un style nubileux, soutenait que l’Aquinate aurait sans aucun doute affirmé que deux hommes pussent se marier si la société de son temps ne fût pas si rigide. A ses opposants il n’opposa d’autres réponses que des sophismes phobophiles.