Dictionnaire des nouveaux mots désuets

Tourbomente, n.m.

Tourbomente, n.m., du latin turbo, tempête et mens, mentis, esprit. Réunion destinée à amasser, étaler et faire valoir un grand nombre d’idées en vue d’une fin en général commerciale. Elle ne favorise cependant pas nécessairement une réflexion très profonde, étant dirigée surtout vers la recherche de slogans, d’idées préconçues ou d’argumentaire gribouillés sur un coin de table.

  • La foire du latrône est un cas typique de tourbomente parlementaire.
  • Les tourbomentes des état-majors militants consistent hélas essentiellement en une recherche de stratégies phobophiles.
  • Qu’y a-t-il de plus odieux que ces tourbomentes où sont étalés les fruits d’âmes racornies, aigres et viles ?
  • Dans la Sainte Eglise de Dieu, pourtant hôte des charismes que le Tout-Puissant distribue à ses membres, on aime à imiter le siècle en organisant des tourbomentes évangélisatroces où vole l’esprit du monde, présupposant la supériorité de la pratique sur le dogme. Ce sont là de véritables brigandages doctrinaux et des pertes de temps nuisibles tant au clergé qu’aux fidèles.

En dérive le verbe Tourbomenter: organiser des réunions interminables pour faire passer le brassage d’air en réflexion à plusieurs.

Mendabre, n.m.

Mendabre, n.m., du latin mendacium, mensonge et du suffixe -brium, qui sert à: tromperie diffusée volontairement par les moyens de communication modernes afin d’enfermer les masses dans une geôle mentale où règne l’illusion de la liberté par l’abondance consumériste et le libertinage effréné.

  • Un mendabre bien connu voulut nous faire croire que le 9 novembre, le Mur de Berlin s’était effondré. Après trente ans, nous vîmes qu’en fait, il s’était seulement retourné.
  • Mendabre et rhetorrisme sont les deux mamelles de la presse.
  • Le mendabre est à l’origine de la novlangue.
  • La presse ou l’interéticule aiment à diffuser toutes sortes de mendabres pour justifier les entreprises d’ogranisation.
  • La phobophilie est le dernier – et le plus redoutable – mendabre pour clouer au pilori les opposants à l’égonomie. Il dépasse ses devanciers en constituant une véritable police des arrières pensées.
  • Les agents du régrès de la vulguère aiment à émettre toutes sortes de mendabres pour disqualifier leurs opposants, profitant de leur hégémonie médiatique.
  • Par leurs mendabres, les pouvoirs grégaliens parviennent à appauvrir la langue pour faciliter le contrôle des masses. Les avertissements de Georges Orwell n’auront servi à rien.

Conjugaison: Le subjonctif futur

Il nous est apparu, au gré de nos joutes verbales, qu’il manquait à notre langue le subjonctif futur, pour exprimer une intention fort molle d’accomplir une quelconque chose dans un futur plus ou moins hypothétique.

Ce temps sera très en phase avec la vulguère, où chacun est prompt à promettre mais moins à réaliser. C’est pourquoi les milieux académiques surnomment ledit temps, le « Velléitaire », ou le « Procrastin ».

De par sa fonction, il ne s’emploie qu’après un complément circonstanciel de temps tel que « demain », « plus tard », « après », etc.

Si son emploi est simple et quasi universel, sa construction ne pose pas non plus de problèmes majeurs. Il suffit de conserver le radical du futur, d’y adjoindre la voyelle radicale « e » ou « u » selon les groupes, et de les flanquer des déclinaisons -sse; -sses-; ^t; -ssions; -ssiez; -ssent.

Pour les verbes du premier groupe, on emploie la voyelle radicale « a ». Ainsi, pour le verbe travailler, typique de ce temps:

  • Demain, Il faudra que je travaillerasse à être moins paresseux.

Pour les verbes du deuxième groupe, on emploie également la voyelle radicale « a ». Ainsi, pour le verbe réfléchir:

Pour les verbes du troisième groupe, l’Académie est encore en âpres débats. Elle vous offre néanmoins quelques verbes:

  • Verbe être: A l’avenir, il faudra que nous serussions davantage actifs au travail.
  • Verbe avoir: Demain, je me mettrai à étudier, parce qu’il faudra que j’aurusse de bonnes notes pour faire quelque chose de ma vie.
  • Verbe savoir: Encore faudra-t-il qu’ils le saurussent.
  • Verbe prendre: Ils affirment que demain, il faudra qu’ils prendrassent garde à sortir de leur paresseuse langueur… J’ai tout de même envie de leur répondre que « demain » veut bien souvent dire « jamais ».

Philaphrie, n.f.

Philaphrie, n.f., du grec φιλεῖν, aimer et ἄφρων, insensé. Activité de l’esprit s’appliquant à chercher aux croyances à la mode une justification pseudo-scientifique fondée sur la facilité et dédaigneuse de la doctrine de l’être ou de l’essence des choses. La philaphrie consiste en l’élaboration d’un corpus d’idées simplistes destinées à simplifier la réalité et à rendre les foules manipulables et promptes à consommer.

  • La concupiscience constitue l’une des branches de la philaphie, suprême superstition de la Vulguère.
  • Les mutins de Panurge (Cf. Philippe Muray) de 1968 et leurs inconsistants successeurs des contestations étudiantes qui suivirent, soucieuses de se donner un vernis intellectuel, ont rejeté l’amour de la sagesse pour les affres de la philaphrie la plus décomplexée.
  • La philaphrie est l’occupation d’une philosophaille désœuvrée suivant les traces des Voltaire, Sartre, Bourdieu et autres Lévy.
  • La philaphrie accouche de l’idée chère aux masses de néaniais peu soucieux de réfléchir et d’être contraints par quelque règle que ce soit que « casser les codes » constitue une fin en soi.

Futilitarisme, n.m.

Futilitarisme, n.m., doctrine sociale qui prescrit d’agir ou de ne pas agir de manière à maximiser la vanité dans le corps social, à faire en sorte que nul ne s’occupe de choses sérieuses et se laisse aller aux seules affaires de peu de conséquence. Cette philaphrie est dominante dans la vulguère.

  • Le futilitarisme n’est autre que la manifestation de l’intégrisme de la médiocrité. Abbé Jean Herbottin, Maximes, aphorismes et sentences, vol. LXI.
  • Le futilitarisme, voilà l’ennemi ! Ibid. vol. CXCIII.
  • Par la grâce de cinquante ans de futilitarisme, les hommes politiques, c’est un peu benêt blanc et blanc benêt. Gontran Calembourg du Fonduruisseau.
  • Le futilitarisme consiste en la recherche du plaisir pour lui-même, trouvant dans l’abscompassion une caution morale à la hauteur de son hébétude.
  • Depuis le funeste mois de mai de 1968, le futilitarisme a pris soin d’annihiler en Occident tout velléité d’excellence morale, intellectuelle et culturelle, poussant chacun sur la dangereuse pente de l’hédonisme et de la facilité.

En dérive le substantif futilitariste, qui s’emploie tant au masculin qu’au féminin. Personne faisant l’apologie d’affaires

  • Le futilitariste voit la quête du sens de la vie comme une injustice et presse le monde à s’activer à ne rien faire.
  • Les futilitaristes se plaisent à exlégionner leurs adversaires en apposant au-dessus de leur pilori le motif de leur condamnation: Réactionnaire.

Coptoir, v.

Coptoir, v., du grec κόπτω, se frapper la poitrine, pleurer. S’affliger de la médiocrité sociale ambiante alimentée par un perpétuel régrès.

  • Les manifestations des étudiants préférant l’égalité dans le chômage au travail sont de nature à faire coptoir tout homme de bien.
  • Dès que paraissent les beaux jours, il semble que si les néaniais pouvaient s’ébrouer totalement nus par les rues et les places, ils le feraient. Je coptois certes, mais je profite de ce temps où tout de même, le régrès n’est pas encore arrivé à ce suprême stade de l’exhibonderie. Henri-Jean Bott, choses vues que j’aurais préféré ne point voir.
  • « Toi qui entres ici, prépare-toi à coptoir ». Écrite en lettres de feu, cette devise prévient à ceux qui pénètrent en Occident des peines et douleurs provoquées par l’égonomie de la Vulguère.

Fuérat, n.m.

Fuérat, n.m. du plus-que-parfait du verbe être en latin à la troisième personne du singulier, fuerat. Littéralement, il avait été. Terme péjoratif qualifiant une personne ou un objet passé de mode ou ringard. Utilisé principalement pour désigner des individus jadis célèbres ayant déchu ou d’idoles ayant été renversées et par conséquent tombées dans l’oubli, il a pour expression voisine « ancienne gloire ».

Au féminin, il se dit Fuératte.

  • La différence entre un individu désuet et un fuérat est que le premier n’a jamais prétendu être à la mode.
  • S’appliquant souvent aux anciennes gloires de la télévision ou de la chanson heureusement tombées dans l’oubli, le terme « fuérat » sonne un peu comme une « damnatio memoriae » – Urbain Thane, un Américain chez les Francs.
  • Bien des néaniais rêvent de devenir célèbres. Après un succès éphémère, ils se transforment en exemple vivant du fuérat.

Œcommunisme, n.m.

Œcommunisme, n.m: mouvement interne à l’Église catholique qui consiste en le dialogue avec les chrétiens de gauche et autres libéraux, en dépit de leur rejet de la doctrine traditionnelle et leur croyance que l’Église est une société d’opinion. L’œcommunisme a pour fin de maintenir une paix illusoire qui débouche inévitablement sur le chaos.

  • Vous avez eu à choisir entre la confusion et l’œcommunisme. Vous avez choisi l’œcommunisme, vous aurez la confusion.
  • Chez nombre de personnes pour qui la tranquillité vaut mieux de la vérité, l’œcommunisme est un bon moyen d’oublier que le Christ, en plus d’être tout amour, est également signe de contradiction.
  • « L’œcommunisme consiste à relativiser la vérité révélée en fonction des injonctions du temps, au nom de « l’esprit du Concile » qui plane au dessus de certains milieux ecclésiaux. N’oublions cependant pas que cet esprit n’est autre que celui du monde ». Abbé Jean Herbottin, Adversus Haereses.
  • Œcommunisme et concupiscience sont les deux mamelles du modernisme.

Porcogénèse, n.f.

Porcogénèse, n.f. du latin Porcus, porc et de generare ou de gigno, genitum, engendrer. Ensemble des facteurs politiques, sociaux, culturels, économiques et moraux de la Vulguère qui favorisent l’éclosion de porcs ou de truies ne voyant dans autrui qu’un objet uniquement propre à étancher une pulsion sexuelle. Elle consiste en l’omniprésence d’images, d’œuvres cinématographiques, de chansons au caractère fort suggestif, en la ringardisation des vertus au nom de l’hédonisme consumériste et au comportement bestial justifié par une compréhension erronée de la liberté.

  • N.B. Un porc ou une truie est un individu gastérodule ayant pour horizon principal le sexe, et en bon consumériste, voyant dans autrui un bon moyen d’étancher une pulsion que la volonté ne pense pas opportun de réfréner. Le problème réside par conséquent dans l’absence de la vertu de pureté chez l’individu.
  • N.B. 2: Un jeune homme qui siffle après une jeune fille, une tentative de séduction ou un regard ne relèvent pas vraiment de la porcogénèse. La vulgarité voire l’absence de vêtement, la grivoiserie des propos, l’éveil à la sexualité dès l’âge le plus tendre, la publicité ou le cinéma contemporain en revanche font partie des agents actifs de dépravation morale qui créent toutes les conditions pour qu’un individu se laisse aller au vice et devienne un porc ou une truie.
  • N.B. 3 : La porcogénèse atteint tout autant les hommes que les femmes. Bien qu’étant un phénomène vieux comme le monde, la Vulguère qui pourtant prétend le combattre depuis la découverte à grande échelle de scandales sexuels a tout fait depuis 1968 pour l’institutionnaliser.
  • Il est curieux de blâmer le porc sans s’en prendre à la porcogénèse.
  • La pornographie, la grivoiserie, le culte matérialiste du corps et l’exhibonderie ambiante constituent, à égalité avec l’ontologie de la fesse et le consumérisme sexuel, les colonnes de la sacro-sainte porcogénèse.
  • En dépit des déclarations des féministes spiritomaques, il existe autant de truies que de porcs. La porcogénèse ne saurait engendrer à la lubricité les seuls hommes.
  • Ces atroces vêtements serrés et/ou courts que ponérosent porter tant les femmes que les hommes sont un appel du pied aux porcs et aux truies en plus d’ajouter un élément à l’universelle porcogénèse.
  • Pudeur et pureté du regard et du cœur sont les armes les plus efficaces contre la porcogénèse. Le gouvernement choisit pourtant de se contenter d’hantériner en aval du problème.
  • La concupiscience de certains constitue une légitimation de la porcogénèse.

En dérive le nom Porcogénète: personne vivant dans un environnement dominé par la porcogénèse et s’étant de ce fait transformé en porc ou en truie. Il peut également être employé comme adjectif.

  • La porcogénèse est certes une grande mise en danger pour l’âme, mais il ne faut cependant pas oublier qu’on ne devient Porcogénète que par l’assentiment de la volonté auxdites sollicitations: quelqu’un ne devient porc ou truie que parce qu’il ou elle l’a bien voulu…
  • A partir de 1968, les porcogénètes, qui depuis le maladi où fut commis le péché originel sont légion, virent la société applaudir leurs ébats et s’assurer de la pérennité de leurs vices. C’est ce qu’on appelle la « libération sexuelle » chez les uns, porcogénèse à l’Académie.
  • L’empire romain s’effondra en raison de ses empereurs décadents et porcogénètes. Cette loi est dite loi de la cerise: à l’instar de ce fruit printanier, les civilisations tombent par la queue. 

En dérive le verbe Porcogénérer: mettre en place les conditions nécessaires aux progrès du vice dans l’âme d’un individu. 

  • Brandon, en témoignent ses propos vulgaires, son accoutrement et sa conviction qu’on n’est point homme sans se comporter comme un porc érotomane, fut porcogénéré par la pornographie diffusée dans les séries grand public diffusées aux heures de grande écoute.

En dérive le nom Porcogéniteur, personne ou institutions qui pour des motifs idéologiques ou économiques fait la promotion de la porcogénèse.

  • Le producteur de cinéma prostituant des acteurs pour qu’ils dévoilent devant sa caméra les parties les plus intimes de leur anatomie, à condition, bien-sûr, qu’icelle soit fort avantageuse, est un porcogéniteur qui par cette maïeutique affligeante, crée un terrain favorable à la bestialité.
  • Les porcogéniteurs ont trouvé dans l’interéticule une arme de corruption massive des mœurs.
  • Monsieur Pierrevin, de porcogénète se fit porcogéniteur.
  • Les néaniais sont pour les porcogéniteurs des proies faciles.

En dérive le nom féminin Porcogéniture: Se dit des individus victimes de la porcogénèse et étant devenus porcs ou truies.

  • Par ses programmes toujours plus innovants, l’éducation nationale, en initiant les jeunes Français dès leur plus tendre enfance en a fait sa porcogéniture.
  • La société contemporaine ogranise sans vergogne et fait des survivants une porcogéniture.
  • La vulguère regarde à présent avec suspicion sa porcogéniture en rut, découvrant avec effroi qu’après avoir éduqué au vice sa jeunesse, elle a provoqué elle-même ces scandales.